La Chine importe un volume record d'or en 2026 et la banque centrale prolonge ses achats pour un 23e mois d'affilée
Selon CNBC, la Banque populaire de Chine a acheté de l'or 23 mois de suite, tandis que les importations du pays atteignent un record de 158,8 milliards de dollars sur les huit premiers mois de 2026.

L'essentiel
- Selon CNBC, la banque centrale chinoise a acheté de l'or pendant 23 mois consécutifs, dont environ 23 tonnes en septembre.
- D'après les douanes citées par CNBC, la Chine a importé plus de 1 000 tonnes d'or en huit mois, pour 158,8 milliards de dollars.
- Des analystes cités par CNBC y voient une volonté de réduire la dépendance au dollar et un manque d'alternatives pour les ménages.
- L'or valait 4 214,40 dollars l'once le 12 octobre 2026 à 07:58, selon Yahoo Finance.
Une série d'achats ininterrompue
Selon CNBC, la banque centrale chinoise a acheté de l'or pendant 23 mois consécutifs, alors que le pays importe davantage de métal précieux que jamais. La Banque populaire de Chine a ajouté environ 23 tonnes en septembre, son plus important achat mensuel depuis presque trois ans, d'après les données de l'Administration d'État des changes citées par le média. Cette série est la plus longue observée depuis au moins 2015.
D'après les chiffres des douanes rapportés par CNBC, la Chine a dépensé un montant record de 158,8 milliards de dollars sur les huit premiers mois de 2026, pour plus de 1 000 tonnes importées. Ce total dépasse les 96,5 milliards de dollars et les 886 tonnes importés sur l'ensemble de l'année 2025.
Aakash Doshi, de State Street Investment Management, indique que les importations d'or par les consommateurs chinois ont atteint un record sur cette période. Selon lui, les primes en forte hausse sur les prix intérieurs signalent une demande saisonnière hivernale plus soutenue.
Un marché qui reste en deçà de son sommet
Ces achats interviennent alors que les cours de l'or ont reculé. Selon CNBC, ils ont perdu plus de 8 % en septembre, à environ 4 176 dollars l'once, après un record au-dessus de 5 500 dollars en janvier. D'après Yahoo Finance, l'or s'échangeait à 4 214,40 dollars l'once le 12 octobre 2026 à 07:58 (heure de Paris), en baisse de 0,05 % sur la séance.
Aakash Doshi prévoit un cours compris entre 4 750 et 5 500 dollars l'once d'ici la fin du premier trimestre 2027, soutenu par une demande solide. Il s'agit de son estimation, rapportée par CNBC.
Des motivations politiques et économiques
Pour Carsten Menke, analyste chez Julius Baer, le principal motif de la banque centrale est politique. Il évoque « l'instrumentalisation du dollar » et le souhait de dépendre moins des bons du Trésor américain comme actif de réserve. CNBC rappelle que les pays occidentaux ont gelé les avoirs de la banque centrale russe après l'invasion de l'Ukraine en 2022, ce qui illustre le risque de restriction pesant sur les réserves détenues à l'étranger, alors que l'or conservé dans ses propres coffres reste à l'abri.
Toujours selon CNBC, la Chine a réduit ses avoirs en bons du Trésor américain, tombés à 618 milliards de dollars en juillet, un plus bas en 18 ans d'après les données du Trésor américain, dans le cadre d'une diversification de ses réserves de change.
Carsten Menke ajoute que le projet de Pékin de développer un marché intérieur de l'or plus profond pousse la banque centrale à reconstituer ses stocks. Il estime qu'elle a acheté environ 190 tonnes cette année à fin août, dont 110 tonnes non déclarées.
Les ménages face à peu d'alternatives
La demande est aussi alimentée par la réputation de valeur refuge de l'or. CNBC indique que les consommateurs, inquiets de la fragilité de l'économie, achètent des bijoux, des lingots et des pièces. Les investisseurs nationaux disposent de peu d'options : l'immobilier, longtemps principal réservoir de patrimoine des ménages, est dans un marasme de plusieurs années. L'indice CSI 300 recule d'environ 8 % cette année, quand le S&P 500 gagne 13 %. Les rendements des dépôts bancaires et des obligations ont reculé : le taux des emprunts d'État chinois à un an est tombé autour de 1,2 %, contre environ 4,46 % aux États-Unis.
Ole Hansen, de Saxo Bank, souligne que le coût d'opportunité de la détention d'or est nettement plus faible en Chine que dans de nombreux marchés occidentaux.
Un soutien structurel pour les cours
CNBC explique que la demande chinoise a aidé l'or à résister à des pressions qui auraient pu provoquer une baisse plus marquée, les rendements américains élevés pesant sur ce métal qui ne rapporte aucun intérêt. Le prix de l'or baisse généralement quand les taux montent. Ewa Manthey, d'ING, estime que les achats chinois sont devenus une source importante de soutien structurel, les banques centrales achetant sur le long terme et réagissant bien moins aux prix que les investisseurs particuliers.
Selon CNBC, les cours se maintiennent au-dessus de leurs niveaux de l'été, malgré une hausse plus nette des anticipations de taux et des rendements obligataires. Le média précise que la Réserve fédérale a laissé entrevoir une nouvelle hausse de taux en 2026.
Ce qui pourrait changer la donne
D'après le World Gold Council, cité par CNBC, la Chine, cinquième détenteur mondial d'or, possédait 2 387 tonnes en août, soit moins du tiers des réserves américaines.
Ole Hansen identifie plusieurs facteurs susceptibles d'atténuer la demande : un retour de la confiance dans l'immobilier et les actions chinois, un yuan plus faible qui renchérirait l'or sur le marché intérieur, ou des taux plus élevés rendant les dépôts plus attractifs. Un changement plus important surviendrait si les banques centrales se désintéressaient de la diversification de leurs réserves et si les tensions géopolitiques s'apaisaient. Il juge qu'aucune de ces deux hypothèses ne paraît imminente.
Analyse. D'après les éléments rapportés par CNBC, la demande chinoise combine un volet officiel, lié à la gestion des réserves, et un volet privé, lié au manque de placements alternatifs. Les analystes cités convergent sur son rôle de soutien, sans écarter des facteurs susceptibles de l'affaiblir.
Instruments cités
Sources
Documents consultés pour rédiger cet article. Les liens ouvrent le site de l'éditeur.
- 1.