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Économie

Donald Trump suspend les surtaxes douanières contre la Russie prévues par la loi Graham

Donald Trump a signé un décret exemptant la Russie et ses acheteurs de pétrole des surtaxes douanières prévues par la loi Graham, invoquant l'intérêt national des États-Unis.

3 min de lecture
Photo illustrant : Donald Trump White House
Photo : The White House · Public domain. Source : Wikimedia Commons

L'essentiel

  • Donald Trump a exempté par décret la Russie et ses partenaires commerciaux des surtaxes douanières votées dans la loi Graham, selon CNBC.
  • Le texte prévoyait des taxes douanières allant jusqu'à 500 % sur les importations russes et 100 % sur les principaux acheteurs de pétrole comme la Chine et l'Inde.
  • Cette décision intervient après une suspension des sanctions sur le diesel russe jusqu'en avril 2027, sur fond de tensions énergétiques liées au conflit en Iran.
  • L'initiative a été saluée par l'émissaire russe Kirill Dmitriev mais vivement critiquée par le sénateur Richard Blumenthal et le président Volodymyr Zelensky.

Suspension des surtaxes douanières par décret présidentiel

Le président des États-Unis Donald Trump a signé vendredi soir un décret présidentiel suspendant l'application de plusieurs mesures d'un ensemble de sanctions récemment adopté, d'après les informations rapportées par CNBC. Ces sanctions avaient pour but initial d'entraver les capacités de Moscou à poursuivre son conflit armé en Ukraine. Dans le texte de son décret publié vendredi, le dirigeant américain a précisé avoir transmis au Congrès une attestation établissant que l'octroi d'une telle dérogation répondait aux intérêts nationaux des États-Unis.

Cette décision intervient seulement deux jours avant la date limite fixée pour l'application des dispositions concernées. Le décret présidentiel maintient en revanche les sanctions préalablement imposées à l'encontre de la Russie au titre d'ordonnances exécutives antérieures, selon le média américain.

Le mécanisme de la loi Lindsey Graham

Le dispositif législatif en cause, intitulé loi Lindsey O. Graham de 2026 sur les sanctions contre la Russie et l'Iran, visait à pénaliser l'économie russe en réponse à la poursuite de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, rappelle CNBC. Ce projet de loi avait été introduit plus d'un an auparavant, porté principalement par le regretté Lindsey Graham, sénateur républicain chevronné qui représentait la Caroline du Sud. Le texte avait été approuvé par la Chambre des représentants le 16 septembre 2026, avant d'être promulgué par Donald Trump deux jours plus tard.

La législation obligeait l'exécutif américain à relever les droits de douane frappant l'ensemble des marchandises russes importées aux États-Unis jusqu'à 500 %, au plus tard 30 jours après sa promulgation. Elle imposait également l'instauration de tarifs douaniers pouvant atteindre 100 % à l'égard des États figurant parmi les cinq plus gros acheteurs de gaz ou de pétrole brut russes, une disposition qui ciblait notamment la Chine et l'Inde. Le décret présidentiel écarte spécifiquement ces deux volets, tandis que la loi autorise par ailleurs des sanctions contre les dirigeants, hauts fonctionnaires et établissements financiers russes, tout en étendant les mesures punitives visant l'Iran.

Les impératifs énergétiques et l'échéance électorale

Les recettes issues du commerce des hydrocarbures représentent un élément déterminant pour financer l'effort militaire russe, souligne CNBC. Or, cette exemption accordée par Donald Trump succède directement à une autre dérogation décidée une semaine plus tôt par l'administration américaine, qui a suspendu temporairement, jusqu'en avril 2027, les sanctions sur les exportations de diesel russe. Cette première mesure avait été prise dans le but de détendre les approvisionnements énergétiques mis sous tension par le conflit en Iran.

La question des prix élevés des carburants constitue un enjeu particulièrement délicat pour l'électorat américain, alors que se profilent les élections de mi-mandat le 3 novembre 2026. Le Parti républicain de Donald Trump ne dispose en effet que d'une courte majorité au sein des deux chambres composant le Congrès des États-Unis, note CNBC.

Vives réactions à Moscou, Washington et Bruxelles

La décision américaine a suscité des réactions contrastées. Sur le réseau social X, Kirill Dmitriev, envoyé économique du président russe Vladimir Poutine, a salué la suspension de certaines clauses de la loi Graham comme un moment important et véritablement historique, affirmant que le dialogue économique entre Washington et Moscou ainsi que les efforts de pacification allaient se poursuivre.

À l'inverse, l'initiative a provoqué de vives critiques au sein de l'opposition politique américaine. Le sénateur démocrate du Connecticut Richard Blumenthal, qui avait également participé à la rédaction de la loi Graham, a condamné ce décret sur le réseau X, estimant que Donald Trump se rangeait une nouvelle fois aux côtés de la Russie et des soutiens de sa machine de guerre, à l'encontre de la majorité des Américains, du Congrès et des partenaires européens.

Depuis Bruxelles, où il s'exprimait devant la presse vendredi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a alerté sur le fait que l'entente américano-russe relative au diesel risquait de créer un précédent vers de nouveaux allègements de sanctions. Volodymyr Zelensky a prévenu que d'autres levées pourraient suivre après le gaz, pour toucher le système bancaire, certaines personnalités ou l'industrie chimique, tout en insistant sur la dépendance persistante de l'armée ukrainienne envers les technologies militaires et le renseignement américains en dépit de la recherche de solutions de remplacement.

Enfin, CNBC rapporte que des informations ont fait état plus tôt dans la semaine d'une restriction décidée par l'Ukraine concernant Starshield, la déclinaison militaire du réseau Starlink de SpaceX. Elon Musk, directeur général de SpaceX, a affirmé sur X que la responsabilité ultime de toute restriction imposée au réseau incombait au gouvernement et au président des États-Unis.

Sources

Documents consultés pour rédiger cet article. Les liens ouvrent le site de l'éditeur.

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