L'Autorité bancaire européenne classe l'USDC de Circle comme premier stablecoin significatif sous MiCA
L'Autorité bancaire européenne a désigné l'USDC de Circle comme premier jeton significatif sous MiCA, renforçant la supervision conjointe avec l'ACPR dès le 12 novembre.

L'essentiel
- L'Autorité bancaire européenne a qualifié l'USDC de premier jeton de monnaie électronique significatif sous le régime MiCA, selon le Journal du Coin et Cryptoast.
- À partir du 12 novembre 2026, Circle fera l'objet d'un encadrement partagé entre l'Autorité bancaire européenne et l'ACPR, d'après les régulateurs cités par les sources.
- Le statut impose de placer 60 % des réserves en dépôts bancaires et de relever les fonds propres à 3 % en moyenne, rapporte Cryptoast.
- Circle et Tether ont émis des réserves sur ces exigences de liquidité bancaire, rappelant notamment l'impact de la chute de Silicon Valley Bank, selon le Journal du Coin et Cryptoast.
Une qualification inédite sous le régime MiCA
L'Autorité bancaire européenne a annoncé, le mercredi 14 octobre 2026, le classement de l'USDC émis par Circle comme jeton de monnaie électronique « significatif » au regard du règlement européen sur les marchés de crypto-actifs (MiCA), ont rapporté le Journal du Coin et Cryptoast. Sur les 45 jetons de monnaie électronique déclarés et notifiés au sein de l'Union européenne, le stablecoin adossé au dollar est le premier à franchir cette étape réglementaire, aucun des 44 autres actifs de cette catégorie n'ayant atteint ce statut.
Selon les textes européens cités par le Journal du Coin, le cadre MiCA instaure une distinction entre deux niveaux d'encadrement pour les jetons adossés à une devise officielle. La filiale française de Circle possédait déjà le statut d'émetteur de monnaie électronique depuis le mois de juillet 2024. Le classement supérieur s'active lorsqu'un actif remplit plusieurs seuils prédéfinis. D'après le Journal du Coin, l'article 43 établit quatre critères d'évaluation portant sur le nombre d'utilisateurs, l'encours global, le volume quotidien des transactions ainsi que l'importance dans les paiements internationaux, l'article 56 prévoyant la bascule dès lors que trois critères sont réunis. De son côté, Cryptoast mentionne une grille de sept critères potentiels, incluant notamment le franchissement de 10 millions de porteurs ou de 5 milliards d'euros de réserves, tout en observant, comme le Journal du Coin, que le régulateur n'a pas rendu publique la liste précise des critères validés par l'USDC.
Un partage de supervision entre l'échelon européen et l'ACPR
Ce basculement prudentiel prendra effet le 12 novembre 2026 et entraînera une double tutelle réglementaire, expliquent le Journal du Coin et Cryptoast. L'Autorité bancaire européenne, établie à Paris, assurera la supervision directe de la liquidité, des fonds propres, des réserves financières ainsi que des protocoles de redressement et de remboursement.
L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, superviseur du secteur bancaire en France, conservera quant à elle la surveillance de la structure de direction, de la gouvernance interne et de la gestion des conflits d'intérêts de la filiale tricolore de Circle. Le Journal du Coin précise en outre que l'Autorité bancaire européenne dirigera un collège de superviseurs institutionnels et s'appuiera sur un protocole d'échange de renseignements conclu avec les autorités financières de l'État de New York, chargées de la surveillance de Circle aux États-Unis.
Des contraintes renforcées sur les réserves bancaires
La qualification en tant que jeton significatif impose un durcissement opérationnel pour l'émetteur. Selon les éléments techniques détaillés par Cryptoast, Circle devra désormais déposer au moins 60 % de l'ensemble de ses réserves au sein d'établissements bancaires, alors que cette exigence n'était fixée qu'à 30 % pour les émetteurs ordinaires. Parallèlement, le niveau de coussin de fonds propres requis progresse d'une moyenne de 2 % à 3 % des réserves.
Ce dispositif soulève des interrogations sur le modèle économique de Circle. D'après Cryptoast, les recettes de la société proviennent majoritairement des rendements tirés des bons du Trésor américain composant ses réserves, qui ont généré 668 millions de dollars d'intérêts au deuxième trimestre 2026, représentant 95 % de son chiffre d'affaires. L'obligation d'orienter une proportion accrue des fonds vers des dépôts bancaires moins rémunérateurs pourrait peser sur ces revenus. Circle conteste d'ailleurs cette orientation réglementaire : le Journal du Coin rappelle qu'au début du mois d'octobre 2026, l'émetteur demandait d'assouplir les seuils fixes de dépôts au profit de critères de liquidité, invoquant le gel de 3,3 milliards de dollars d'avoirs survenu lors de la défaillance de la banque Silicon Valley Bank en mars 2023. Cette contrainte de 60 % de dépôts bancaires a également été qualifiée de risquée par Paolo Ardoino, dirigeant de Tether, expliquant en partie son refus de briguer un agrément MiCA, relève Cryptoast.
Deux trajectoires divergentes face aux exigences européennes
Cette décision intervient alors que le marché des stablecoins affiche une nette concentration. L'USDC figure au deuxième rang mondial avec 73 milliards de dollars de valorisation, derrière l'USDT de Tether dont la capitalisation s'élève à 184 milliards de dollars, indiquent Cointelegraph, le Journal du Coin et Cryptoast. Faute de demande d'enregistrement MiCA, l'USDT a été déréférencé par les plateformes régulées sur le territoire européen, selon le Journal du Coin. Sur le marché des jetons libellés en monnaie européenne, Circle détient par ailleurs 40 à 50 % des volumes de son segment grâce à son token EURC, note le Journal du Coin.
Malgré les débats sur la prédominance des devises étrangères, plusieurs professionnels du secteur soulignent la nécessité de conserver une offre en dollars supervisée. James Bennett, dirigeant de Stable Mint, a ainsi fait savoir auprès de Cointelegraph que l'Union européenne ne pouvait écarter les actifs adossés au dollar, mais devait en fixer le cadre. Alexander Höptner, dirigeant de la société AllUnity qui développe pourtant un jeton adossé à l'euro, a estimé pour sa part qu'une offre exclusivement libellée en monnaie unique ne permettait pas de répondre aux flux internationaux des entreprises européennes. En parallèle, la Banque centrale européenne poursuit ses travaux sur un euro numérique initiés en 2020, avec une échéance d'émission potentielle située en 2029, rappelle Cointelegraph.
Déploiement opérationnel et règles fiscales locales
Sur le plan des transactions, l'USDC renforce sa présence au sein des services d'investissement européens. À titre d'exemple, la plateforme Finst propose depuis juillet 2026 la négociation de plus de 400 crypto-actifs directement contre l'USDC, signale Cryptoast. Cette structure technique permet aux résidents fiscaux français de réallouer leurs portefeuilles sans déclencher d'imposition immédiate, l'imposition n'intervenant qu'au moment d'une conversion vers une monnaie fiduciaire telle que l'euro, ajoute l'éditeur spécialisé.
Sur les plateformes d'échange, l'USDC s'échange à 0,89 euro le vendredi 16 octobre 2026 à 13:39, affichant un recul de 0,32 % sur une période de 24 heures, d'après les chiffres relevés par CoinGecko.
Sources
Documents consultés pour rédiger cet article. Les liens ouvrent le site de l'éditeur.
- 1.
- 2.Journal du CoinMiCA: l’USDC devient le premier stablecoin « significatif » de l’Union européenne(nouvel onglet)
journalducoin.com
- 3.CointelegraphEU authority classifies Circle’s USDC as ‘significant’ under MiCA(nouvel onglet)
cointelegraph.com
- 4.