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Économie

La Chine enregistre une croissance de 4,5 % au troisième trimestre grâce à ses exportations

La croissance économique chinoise a atteint 4,5 % au troisième trimestre, soutenue par les exportations de produits technologiques malgré la crise immobilière.

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Photo illustrant : People's Bank of China Beijing
Photo : Max12Max · CC BY-SA 4.0. Source : Wikimedia Commons

L'essentiel

  • Le PIB de la Chine a augmenté de 4,5 % sur un an au troisième trimestre, dépassant les 4,4 % anticipés, selon CNBC et Investing.com.
  • L'excédent commercial record de 133,5 milliards de dollars a compensé le ralentissement intérieur, d'après CNBC.
  • L'investissement immobilier a chuté de 20,6 % sur les neuf premiers mois de l'année, rapporte CNBC.
  • Pékin a alloué 550 milliards de yuans de dette pour soutenir les gouvernements locaux et l'infrastructure, selon CNBC.

Une accélération portée par les exportations technologiques

L'économie chinoise a enregistré une accélération de son rythme de progression au troisième trimestre, affichant une hausse de 4,5 % en glissement annuel, d'après les chiffres rapportés par CNBC et signalés par Investing.com. Ce résultat dépasse légèrement les anticipations des analystes interrogés par Reuters, qui tablaient sur une progression de 4,4 %. Il s'inscrit également au-dessus du plancher de 4,3 % constaté au deuxième trimestre, qui représentait un plus bas en trois ans.

D'après les informations diffusées par CNBC, cette amélioration s'explique principalement par la solidité de la demande internationale pour les produits technologiques conçus en Chine. Ce dynamisme du commerce extérieur a permis de compenser en grande partie la crise immobilière ainsi que l'atonie persistante des dépenses des ménages. À ce titre, le pays a enregistré un excédent commercial mensuel record de 133,5 milliards de dollars.

Cité par CNBC, Tianchen Xu, économiste senior auprès de l'Economist Intelligence Unit, estime que le sursaut observé au mois de septembre a permis de compenser la faiblesse constatée en juillet et en août. L'expert attribue ce redressement à plusieurs facteurs conjugués : l'intensification des dépenses publiques ayant permis de freiner la détérioration des investissements en capital fixe, la vigueur constante des échanges extérieurs et un effet de base modeste. Selon ses estimations, cette dynamique pourrait se prolonger au quatrième trimestre, lui permettant d'anticiper une hausse du produit intérieur brut de 4,7 % pour l'ensemble de l'année.

Sur les neuf premiers mois cumulés, la croissance moyenne s'élève à 4,6 %, s'insérant dans la fourchette d'objectifs définie par le gouvernement chinois, fixée entre 4,5 % et 5 %.

Ventes au détail et industrie : des signaux contrastés en septembre

Les indicateurs mensuels d'activité pour le mois de septembre mettent en lumière une trajectoire inégale au sein des différents moteurs de l'activité. D'après les données relayées par CNBC, les ventes au détail ont progressé de 1,1 % sur un an, dépassant le consensus établi par les analystes qui prévoyaient une modeste hausse de 0,6 %.

Dans le secteur secondaire, la production industrielle s'est accrue de 5,5 % sur un an en septembre, un niveau strictement identique aux anticipations des prévisionnistes. En parallèle, le taux de chômage au sein des zones urbaines s'est établi à 5,2 % sur le même mois.

Toutefois, la situation demeure plus complexe pour les investissements. Au cours des neuf premiers mois de l'année, les investissements en actifs fixes au sein des zones urbaines ont affiché une contraction de 7,2 % par rapport à la même période de l'exercice précédent. Ce recul s'avère néanmoins très proche de la baisse de 7,3 % qui avait été anticipée par le sondage réalisé par Reuters.

L'immobilier s'enfonce et bride l'économie intérieure

Le secteur de la construction et du logement continue de peser lourdement sur la trajectoire nationale. Selon les statistiques rapportées par CNBC, l'investissement alloué au développement immobilier a vu sa chute s'amplifier, reculant de 20,6 % sur la période allant de janvier à septembre, après une régression de 19,9 % enregistrée sur les huit premiers mois de l'année.

Sheana Yue, économiste senior chez Oxford Economics, a souligné que l'enlisement de cette crise continuera d'entraver la propagation de l'essor manufacturier au reste de l'économie, les ménages chinois observant une diminution de la valeur de leur patrimoine immobilier au fil des ans. Elle a également rejeté toute idée d'une amorce de reprise dans le secteur, notant que les ventes de biens résidentiels, les mises en chantier ainsi que les prix n'offrent pour l'instant aucun indice d'un creux atteint par la crise.

D'après les analyses rapportées par CNBC, Pékin a très largement fondé sa croissance annuelle sur les débouchés extérieurs, mais cette stratégie fait face à des obstacles croissants. La hausse des coûts énergétiques et l'afflux des expéditions industrielles chinoises suscitent l'inquiétude grandissante des partenaires commerciaux internationaux. Dans le même temps, la consommation des ménages reste fragile, tandis que les investisseurs privés tout comme les particuliers adoptent une posture de retenue.

Tensions sur les prix et dilemme pour les marges des entreprises

La dynamique des prix souligne également la persistance de déséquilibres structurels. D'après CNBC, les prix à la production ont progressé en septembre à leur allure la plus rapide depuis plus de quatre ans, avec un bond de 5 %. À l'inverse, l'inflation mesurée à la consommation demeure sous la barre de 1 %.

Cet écart persistant traduit à la fois d'importantes surcapacités de production et une demande interne languissante qui restreignent la capacité des sociétés à répercuter leurs hausses de coûts. Selon Sheana Yue, cette configuration risque de forcer les entreprises à amortir ce choc sur leurs dépenses en rognant sur leurs marges plutôt qu'en procédant à des hausses de leurs prix de vente.

Dans une communication écrite transmise après la publication des indicateurs, Eswar Prasad, professeur d'économie à l'université Cornell, a fait valoir que les distorsions entre l'offre et la demande domestiques continuaient d'augmenter. Il a suggéré que l'exécutif chinois pourrait adopter une attitude plus confiante et passive en se satisfaisant de ces statistiques, plutôt que d'injecter des mesures de relance massives couplées à des réformes devenues indispensables.

Le déploiement budgétaire prend le relais de la politique monétaire

Face à cette conjoncture, les observateurs interrogés par CNBC estiment largement que la Banque populaire de Chine maintiendra ses taux d'intérêt de référence inchangés jusqu'à la fin de l'exercice, déléguant aux autorités budgétaires le soin de soutenir l'activité.

Les pouvoirs publics ont déjà renforcé leurs initiatives financières au cours des dernières semaines. Fin septembre, un ensemble de dispositifs comprenant des réductions ciblées de taux d'intérêt et des aides pour les prêts hypothécaires a été instauré. Plus récemment au début du mois, une tranche de 550 milliards de yuans issue de quotas d'endettement jusqu'alors non utilisés a été débloquée afin d'alléger les contraintes budgétaires pesant sur les gouvernements régionaux et de dynamiser les dépenses d'infrastructures.

Bien que le niveau de croissance constaté au troisième trimestre puisse tempérer l'urgence d'une amplification immédiate des soutiens, Sheana Yue anticipe que la mise en œuvre effective de ces différentes mesures déjà actées va s'accélérer, apportant un soutien bienvenu à l'investissement et à l'activité lors des prochains trimestres.

Sources

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