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Les États-Unis bannissent l'intelligence artificielle chinoise DeepSeek de leurs agences fédérales civiles

Le département de la Sécurité intérieure ordonne aux agences fédérales civiles américaines de retirer les technologies de la start-up chinoise DeepSeek de leurs systèmes, invoquant des impératifs de cybersécurité.

4 min de lecture
Photo illustrant : Department of Homeland Security Washington
Photo : DHSgov · Public domain. Source : Wikimedia Commons

L'essentiel

  • Le département de la Sécurité intérieure a banni les technologies de l'entreprise chinoise DeepSeek des agences fédérales civiles américaines, selon CNBC et la BBC.
  • La directive adoptée le 24 juillet et officialisée le lundi 19 octobre 2026 épargne le département de la Défense mais s'applique au Trésor, à la Justice et au département d'État.
  • Les autorités américaines invoquent des risques de failles de sécurité et de transfert de données sensibles vers la Chine, a rapporté CNBC.
  • OpenAI et Anthropic accusent des firmes chinoises dont DeepSeek d'avoir copié leurs modèles, alors que DeepSeek affiche des coûts de développement très inférieurs, d'après la BBC.

Une directive d'exclusion visant les agences civiles fédérales

L'administration américaine a ordonné le retrait de l'ensemble des technologies d'intelligence artificielle conçues par la jeune pousse chinoise DeepSeek de la majorité des systèmes informatiques publics, ont rapporté CNBC et la BBC. La directive, formalisée par le département de la Sécurité intérieure (DHS), avait été adoptée le 24 juillet avant d'être rendue publique le lundi 19 octobre 2026.

La mesure impose aux agences fédérales civiles d'éliminer les technologies associées à DeepSeek de leur infrastructure informatique et leur interdit désormais tout nouvel approvisionnement en produits ou prestations émanant de la société. Le périmètre de cette interdiction s'étend également aux services et outils tiers mis au point à l'aide des modèles de la firme chinoise.

Selon les précisions publiées par les deux médias, ce texte concerne spécifiquement les départements ministériels civils, parmi lesquels figurent le Trésor, la Justice ainsi que le département d'État. En revanche, les services rattachés au département de la Défense ne sont pas soumis à cette obligation et se trouvent explicitement exclus du champ d'application. D'après CNBC, les administrations concernées disposent de la faculté de solliciter des dérogations ou des reports de mise en conformité, à condition de soumettre une justification écrite auprès du DHS dans un délai de 60 jours à compter de la délivrance de l'ordre.

Les risques de cybersécurité et de renseignement invoqués

Pour motiver cette décision, le département de la Sécurité intérieure a affirmé que les outils d'intelligence artificielle mis au point par DeepSeek représentent « de multiples vecteurs de menace », a indiqué CNBC. L'agence américaine s'inquiète tout particulièrement des possibilités d'accès aux informations sensibles par les autorités de Pékin, ainsi que de failles de sécurité informatique potentielles.

Le DHS a averti que l'usage de ces technologies pourrait conduire au transfert de renseignements gouvernementaux sensibles vers la Chine. Une telle fuite risquerait, d'après l'organisme, de fournir des éléments d'espionnage relatifs à des programmes officiels ainsi qu'à des ressortissants américains. Les modèles de l'entreprise pourraient en outre intégrer des programmes malveillants ou d'autres vulnérabilités, le DHS s'appuyant notamment sur des travaux de recherche en sources ouvertes ayant mis en évidence plusieurs failles critiques dans l'application iOS de DeepSeek.

La BBC a relevé pour sa part que la notification du DHS ne détaillait pas précisément l'ensemble des motifs de sécurité, tout en rappelant que la Maison-Blanche a multiplié cette année les critiques à l'égard des acteurs chinois du secteur technologique. Sollicités pour réagir, le DHS, DeepSeek ainsi que les représentations diplomatiques chinoises à Washington et au Royaume-Uni n'ont pas formulé de commentaire immédiat.

Un durcissement continu depuis le début de l'année 2025

L'irruption de DeepSeek au début de l'année 2025 a provoqué une série de réactions administratives successives aux États-Unis, a détaillé CNBC. Dès janvier 2025, l'agence chargée des systèmes d'information de défense (DISA) avait pris l'initiative d'interdire l'accès aux modèles de l'entreprise, selon des éléments relayés à l'époque par Bloomberg.

Au mois de mars 2025, plusieurs bureaux du département du Commerce ont signifié à leurs équipes que les solutions de DeepSeek étaient proscrites sur les équipements professionnels de l'administration, d'après des informations alors diffusées par Reuters. Enfin, au cours du mois de décembre 2025, le Congrès américain est intervenu pour limiter l'utilisation de ces technologies au sein des réseaux informatiques des agences de renseignement.

Accusations industrielles et tensions entre Washington et Pékin

Cette nouvelle initiative s'inscrit au cœur d'une rivalité accrue entre les États-Unis et la Chine pour la primauté technologique, l'intelligence artificielle constituant l'un des principaux terrains d'affrontement selon CNBC et la BBC. Le président américain Donald Trump a affirmé considérer la Chine comme le concurrent majeur de son pays dans ce domaine, qu'il juge déterminant pour l'avenir national.

Les tensions dépassent le cadre strictement gouvernemental pour toucher le tissu entrepreneurial américain. Michael Kratsios, responsable technologique à la Maison-Blanche, a dénoncé plus tôt cette année dans une note interne une « exploitation malveillante » menée contre les entreprises américaines d'intelligence artificielle, principalement par des concurrents chinois. Parallèlement, OpenAI et Anthropic, qui préparent leur introduction en bourse dans les mois à venir, ont affirmé que leurs propres modèles avaient été essentiellement copiés par certaines structures chinoises, dont DeepSeek.

L'essor de DeepSeek face aux géants américains

Malgré ces contestations, DeepSeek s'est imposé comme un acteur disruptif en proposant des modèles ouverts, librement accessibles et financièrement bien plus abordables que les solutions fermées concurrentes, a souligné la BBC. Pour les développeurs, le recours à ces outils représente une fraction des tarifs appliqués par des produits propriétaires tels que Gemini de Google, Claude d'Anthropic ou Codex d'OpenAI.

L'écart s'illustre également dans les coûts de conception initiaux. DeepSeek avait indiqué l'an dernier que l'entraînement de la version inaugurale de son système avait nécessité environ 6 millions de dollars, soit 4,5 millions de livres sterling, contre approximativement 100 millions de dollars pour GPT-4 d'OpenAI. Ces révélations avaient provoqué de fortes baisses sur les valeurs technologiques en bourse.

L'engouement suscité par le modèle a parfois saturé les serveurs de la firme en raison d'une demande massive. Son agent conversationnel gratuit figure parmi les applications les plus téléchargées du magasin Apple App Store, et des entreprises technologiques américaines comme Snowflake, Vercel ou OpenRouter ont intégré les modèles de DeepSeek dans leurs offres commerciales. La société a encore publié une nouvelle version de son outil la semaine dernière, certains utilisateurs affirmant sur internet qu'elle surpasse les modèles les plus avancés d'OpenAI sur des tâches courantes comme la programmation logicielle.

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Sources

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