Les tirs contre les terminaux saoudiens et les raffineries russes propulsent les cours du pétrole
Les cours du pétrole ont bondi le 16 octobre 2026, propulsés par des tirs de missiles sur des centres énergétiques saoudiens et la reprise des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes.

L'essentiel
- Des missiles visant le terminal saoudien de Yanbu et d'autres centres énergétiques ont été interceptés, selon le Financial Times et un porte-parole militaire cité par CNBC.
- Kyiv a annoncé reprendre ses frappes contre les raffineries russes après l'échec de la trêve énergétique, rapporte CNBC.
- Le baril de Brent a atteint 110 dollars en séance pour la première fois depuis mai avant de clore à 109,86 dollars, selon CNBC.
- Les réserves de brut aux États-Unis ont reculé de plus de 8 millions de barils pour la semaine close le 9 octobre 2026 en raison de l'ouragan Isaias, d'après l'EIA.
Interceptions de missiles au-dessus des centres pétroliers saoudiens
Les installations énergétiques de la péninsule arabique font face à une intensification des opérations militaires. Le Financial Times a rapporté que des forces dirigées par l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit des missiles dirigés vers d'importants centres énergétiques. D'après un porte-parole militaire cité par CNBC, le royaume saoudien a neutralisé vendredi plusieurs missiles tirés au-dessus de la mer Rouge, dont un engin se dirigeait directement vers le terminal d'exportation pétrolière de Yanbu. L'armée a également indiqué avoir détruit trois drones dans la région de la capitale Riyad ainsi que dans des zones méridionales du pays.
Ces actions font suite à une série d'offensives menées tout au long de la semaine par les militants houthis du Yémen, alliés de l'Iran, précise CNBC. Le ministère de l'Énergie saoudien a ainsi fait savoir qu'un bâtiment administratif du groupe Aramco à Dhahran avait été touché mardi. Précédemment, le 10 octobre 2026, les Houthis avaient attaqué l'aéroport international de Riyad, causant la mort de 12 personnes et blessant plus de 300 individus, selon les informations diffusées par CNBC.
Rupture de la trêve énergétique entre l'Ukraine et la Russie
Sur le théâtre est-européen, les risques pesant sur l'outil de raffinage s'accroissent également. D'après CNBC, la trêve énergétique que le président Donald Trump avait tenté de négocier entre l'Ukraine et la Russie a rapidement volé en éclats. Malgré cet accord supposé, le Kremlin a continué ses frappes contre les infrastructures ukrainiennes. En riposte, le président Volodymyr Zelenskyy a prévenu que Kyiv allait reprendre ses attaques contre les raffineries de pétrole russes.
Cette perspective de nouvelles frappes sur les unités de transformation alimente les tensions sur l'offre de carburants raffinés. CNBC rappelle que les prix du diesel ont fortement augmenté cette année en raison des attaques ukrainiennes répétées contre les raffineries russes, auxquelles s'ajoutent les frappes iraniennes sur les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient. Selon les données de l'association automobile AAA, le prix moyen du diesel atteignait vendredi 6,33 dollars le gallon aux États-Unis, soit un renchérissement de plus de 70 % par rapport à la même période de l'année précédente.
Flambée des cours du baril à New York et Londres
Les tensions conjuguées au Moyen-Orient et en Europe de l'Est ont immédiatement provoqué une nette hausse des cours sur les marchés pétroliers en fin de semaine. Le Financial Times a souligné que le baril de Brent a atteint un sommet de cinq mois au-dessus des 110 dollars, soutenu par les menaces pesant sur les infrastructures énergétiques. Selon CNBC, le contrat à terme sur le Brent a touché 110 dollars en séance pour la première fois depuis mai, avant de terminer la journée à 109,86 dollars, affichant une progression journalière de 3,7 %. D'après les données de marché de Yahoo Finance, le baril de Brent a fini la séance du 16 octobre 2026 précisément à 109,86 dollars, en hausse de 3,72 %.
Aux États-Unis, le West Texas Intermediate a terminé à 101,41 dollars le baril, s'adjugeant 3,5 % sur la séance, d'après CNBC. Sur l'ensemble de la semaine, la progression du WTI a dépassé 10 %, tandis que le Brent a engrangé près de 5 %.
Chute des réserves américaines après le passage de l'ouragan Isaias
Au-delà des facteurs géopolitiques, les cours du brut américain ont bénéficié d'un resserrement des stocks domestiques. L'Agence américaine d'information sur l'énergie a révélé que les stocks commerciaux de brut aux États-Unis ont accusé un recul de plus de 8 millions de barils au cours de la semaine achevée le 9 octobre 2026.
L'Energy Information Administration attribue cette forte baisse aux fermetures temporaires de sites de production pétrolière le long de la côte du golfe du Mexique, provoquées par le passage de l'ouragan Isaias.
Tensions persistantes sur le transit maritime régional
Cette situation sur les approvisionnements s'inscrit dans un climat de perturbation globale des flux énergétiques régionaux. D'après les informations rapportées par CNBC, au moins neuf pétroliers et navires de charge ont été la cible d'attaques depuis dimanche dans le détroit d'Ormuz, zone où l'Iran tente de freiner les expéditions de pétrole. Le Commandement central américain a fait savoir que les forces iraniennes avaient coulé mercredi le porte-conteneurs GFS Pride, dont les membres d'équipage ont pu être évacués en sécurité, selon l'autorité maritime de Singapour. L'Organisation maritime internationale a pour sa part dénombré trois marins blessés et deux disparus au cours de la semaine.
Selon les données du cabinet d'analyse Kpler citées par CNBC, le volume de brut exporté par cette voie s'est élevé à 9,4 millions de barils par jour pour la semaine close mercredi, ce qui représente environ 70 % de la moyenne observée avant le début du conflit avec l'Iran.
Instruments cités
Sources
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