Cessez-le-feu énergétique annoncé par Donald Trump : l'effet possible sur les raffineries russes et le diesel, selon BFM Business
Donald Trump affirme que Moscou et Kiev ont accepté de cesser de viser leurs infrastructures énergétiques. Selon BFM Business, cela aiderait les raffineries russes, sans garantir un retour rapide des exportations de diesel.

L'essentiel
- Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu énergétique entre la Russie et l'Ukraine ; selon BFM Business, ses modalités restent à préciser.
- Selon le Financial Times, cité par BFM Business, les expéditions russes de diesel ont chuté de 40 % depuis le début de l'année.
- D'après BFM Business, une reprise significative des exportations dépendrait de la remise en état des raffineries et de la levée des restrictions russes.
- Selon BFM Business, les cours du diesel ont approché 1 500 dollars la tonne à Londres début octobre.
Une annonce aux contours encore flous
Donald Trump a écrit dimanche sur Truth Social qu'un « cessez-le-feu énergétique » était en vigueur dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine, assurant que les deux parties y avaient consenti. D'après BFM Business, le président américain dit avoir obtenu de Moscou et de Kiev qu'ils cessent de s'attaquer mutuellement à leurs infrastructures énergétiques.
BFM Business précise que les modalités restent à définir. Le président Zelensky a affirmé ne pas avoir été informé, et les deux belligérants n'ont pas encore livré de confirmation détaillée.
Ce que chaque camp pourrait y trouver
Selon BFM Business, l'Ukraine verrait s'arrêter les bombardements russes contre ses centrales électriques et ses sites de chauffage, une menace très redoutée alors que l'hiver approche. La Russie, dont les raffineries sont ciblées depuis des mois par des drones ukrainiens, pourrait relancer leur activité sans craindre de nouvelles frappes.
Le média rappelle que l'annonce survient deux jours après un premier accord entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Cet accord doit ramener du diesel russe sur le marché mondial afin de peser sur les prix des carburants, qui ont bondi depuis le début de la guerre en Iran.
Des raffineries russes très éprouvées
BFM Business indique que Kiev a nettement accentué, depuis 2025, ses frappes de drones à longue portée sur les raffineries russes. Elles visent notamment les unités de distillation, nécessaires pour convertir le brut en essence, gazole ou kérosène.
D'après une enquête du Washington Post publiée dimanche, au moins les deux tiers des 36 principales raffineries russes ont été touchés. En août 2026, les sites à l'arrêt représentaient parfois environ la moitié des capacités de raffinage du pays.
Selon le Financial Times, cité par BFM Business, les expéditions russes de diesel ont reculé de 40 % depuis janvier. La Russie, présentée comme l'un des deux premiers exportateurs mondiaux, a dû acheter des produits pétroliers à l'Inde. Moscou a aussi rationné les carburants dans certaines régions et prolongé jusqu'à fin octobre l'interdiction des exportations de diesel, pour servir d'abord son marché intérieur.
Un retour des exportations qui n'a rien d'immédiat
Selon BFM Business, l'arrêt des frappes permettrait aux raffineries de tourner plus régulièrement. Jusqu'ici, une unité remise en service pouvait être endommagée de nouveau quelques jours ou semaines après. Une trêve donnerait le temps de réparer durablement, de reconstituer des stocks et, à terme, de produire davantage de diesel et d'essence.
Le média nuance : les exportations ne repartiraient pas aussitôt, Moscou donnant la priorité à la demande intérieure, notamment l'agriculture, les transports et l'armée. Une hausse notable des ventes à l'étranger dépendrait de la remise en état des installations et de la levée des restrictions à l'exportation.
Concernant l'accord annoncé vendredi par Donald Trump avec Vladimir Poutine, BFM Business cite des volumes progressifs : plus de 800 000 tonnes d'ici novembre, puis un million de tonnes, puis trois millions de tonnes supplémentaires. Ces livraisons restent conditionnées à l'état des raffineries. BFM Business les juge très incertaines, car lever l'interdiction de vendre ne suffit pas : il faut des usines opérationnelles, des stocks disponibles et des moyens logistiques.
Analyse et contexte de marché
Analyse : d'après les éléments de BFM Business, le cessez-le-feu pourrait lever le premier obstacle, celui de l'outil de production, mais pas les deux autres. Son effet sur les prix dépendrait donc de la confirmation de l'accord et de son application.
Selon BFM Business, depuis la guerre en Iran déclenchée fin février, les perturbations dans le détroit d'Ormuz et les dégâts sur plusieurs infrastructures énergétiques du Moyen-Orient ont amputé l'offre mondiale. Jusqu'à 6 à 8 millions de barils par jour ont été affectés depuis la fin du printemps, soit jusqu'à 10 % des capacités mondiales de raffinage.
Le média ajoute que les cours du diesel ont approché 1 500 dollars la tonne à Londres début octobre, soit environ le double de leur niveau d'avant la crise.
Sources
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