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Berkshire Hathaway retrouve ses sommets boursiers sous la direction de Greg Abel

Les actions Berkshire Hathaway ont terminé vendredi à leurs plus hauts niveaux depuis l'annonce du départ de Warren Buffett, portées par les taux d'intérêt, les valeurs traditionnelles et un pari dans Bending Spoons.

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Photo illustrant : Berkshire Hathaway Omaha
Photo : BorsheimsJewelry from Omaha, NE, USA · CC BY 2.0. Source : Wikimedia Commons

L'essentiel

  • Les actions Berkshire Hathaway se situent à 1,4 % de leurs records historiques, à 798 000 dollars pour la classe A et 532,02 dollars pour la classe B, selon CNBC.
  • Le conglomérat dispose d'environ 360 milliards de dollars de trésorerie qui bénéficient de la hausse des taux d'intérêt, d'après Keefe, Bruyette & Woods.
  • Ses participations dans Chevron et Coca-Cola ont clôturé vendredi à des sommets historiques, selon CNBC.
  • Berkshire a injecté au total 930 millions de dollars dans l'entreprise technologique italienne Bending Spoons, pour une valeur supérieure à 1,4 milliard de dollars, rapporte CNBC.

Un rebond boursier vers les sommets historiques

Les actions du conglomérat Berkshire Hathaway ont atteint, lors de la clôture du vendredi 16 octobre 2026, leur niveau le plus élevé depuis les déclarations de Warren Buffett à l'assemblée générale de mai 2025, rapporte CNBC. À cette époque, le dirigeant historique avait surpris les actionnaires en indiquant son intention de quitter ses fonctions de directeur général à l'issue de l'année 2025.

La veille de cette annonce faite un samedi, les deux catégories d'actions du groupe avaient terminé à des records historiques. Mais au cours des trois mois suivants, les titres avaient plongé de plus de 14 %, les intervenants de marché redoutant la disparition de la prime associée à Warren Buffett, selon le média américain. Plus d'une année après avoir touché un point bas au mois d'août 2025, la trajectoire de reprise, bien que discontinue, s'est nettement raffermie. L'action de classe A (BRK.A) a ainsi conclu la séance de vendredi à 798 000 dollars, se situant à seulement 1,4 % de son sommet absolu de clôture de 809 350 dollars.

De son côté, l'action de classe B s'est établie à 532,02 dollars, soit également un écart de 1,4 % en dessous de son cours record en clôture de 539,80 dollars, d'après CNBC. Les données de Yahoo Finance indiquent que le titre de classe B a progressé de 1,21 % sur cette même séance. Une baisse enregistrée jeudi avait interrompu une série positive de 10 séances consécutives qui avait permis aux cours de Berkshire de progresser de 5 %, avant un rebond de plus de 1 % vendredi, précise CNBC. Grâce à ce mouvement, les actions B ont effacé près des deux tiers de leur retard de 17,5 points de pourcentage par rapport à l'indice S&P 500 constaté au 1er juin, ne concédant plus que 6,0 points de pourcentage sur l'indice de référence depuis le début de l'année.

Une trésorerie massive mise à profit sous Greg Abel

D'après les analyses de CNBC Pro, ce regain d'intérêt des investisseurs s'explique en partie par l'utilisation active de la trésorerie de l'entreprise sous la conduite de son directeur général, Greg Abel. Le conglomérat a notamment consacré 4,5 milliards de dollars à des rachats d'actions au cours du deuxième trimestre. Parallèlement, des capitaux ont été dirigés vers Alphabet ainsi que vers les constructeurs de logements Taylor Morrison Home et Lennar, bien qu'aucun nouvel achat d'actions Lennar n'ait été relevé depuis le 2 octobre, détaille CNBC.

Pour autant, la société continue de disposer d'un matelas financier considérable. Berkshire conserve environ 360 milliards de dollars de liquidités, ce qui représente, aux yeux de Meyer Shields, analyste chez Keefe, Bruyette & Woods, le signe d'une patience maintenue sous la direction de Greg Abel. L'analyste souligne par ailleurs que le niveau élevé des taux d'intérêt à court terme soutient la rentabilité du conglomérat, lui permettant de générer des revenus accrus sur cette réserve de trésorerie disponible.

Le soutien des taux et la vigueur des piliers traditionnels

D'autres composantes du conglomérat profitent d'un climat favorable, rapporte CNBC. Dans le secteur de l'assurance, les opérations opérationnelles bénéficient d'une saison des ouragans particulièrement calme jusqu'à maintenant. De plus, la hausse des cours du pétrole soutient les filiales énergétiques du conglomérat ainsi que sa participation financière dans le groupe pétrolier Chevron, évaluée à 19 milliards de dollars. L'action Chevron a clôturé vendredi à un niveau historique, forte d'une hausse de près de 36 % enregistrée depuis le début du mois de juillet.

Ce redressement intervient également alors que les opérateurs de marché se détournent des valeurs technologiques et de l'intelligence artificielle pour se repositionner sur les entreprises de l'économie traditionnelle, observe CNBC. À ce titre, la participation de 37,6 milliards de dollars dans Coca-Cola, investissement favori de longue date de Warren Buffett, a elle aussi fini la séance de vendredi à un pic historique. En hausse de 34 % depuis le début de l'année, le groupe de boissons a potentiellement tiré profit du choix de la chaîne de restauration KFC de délaisser Pepsi au profit de Coca-Cola. La valeur de la position détenue par Berkshire a augmenté de 2,4 milliards de dollars en l'espace d'une semaine, dépassant ainsi Alphabet pour devenir le troisième actif le plus important de son portefeuille.

L'incursion surprenante de près d'un milliard dans Bending Spoons

Parallèlement à ces piliers historiques, Berkshire a réalisé un pari inattendu de près de 1 milliard de dollars au capital de l'entreprise technologique Bending Spoons, souligne CNBC. Cotée sur le Nasdaq américain depuis le mois de juillet 2026, cette société d'origine italienne s'est spécialisée dans le rachat de marques établies d'Internet telles qu'AOL, Evernote ou Vimeo. Elle recourt aux technologies d'intelligence artificielle afin de comprimer ses coûts d'exploitation, puis réinvestit les économies dégagées dans de nouvelles opérations de croissance externe.

Dès la fin du mois de juillet, CNBC Pro signalait l'effervescence de Wall Street autour du dossier et l'optimisme des analystes quant au potentiel du titre. Ce profil s'éloigne sensiblement des valeurs décotées habituellement ciblées par la firme d'Omaha, dans la mesure où l'action Bending Spoons s'échange sur la base d'un multiple très élevé de ses résultats financiers. Mercredi matin, avant l'ouverture de Wall Street, un communiqué officiel de Bending Spoons a dévoilé un nouvel engagement financier de Berkshire Hathaway à hauteur de 330 millions de dollars.

Les détails financiers et l'impact boursier de la prise de participation

Cette transaction a été réalisée par l'émission de 10 millions d'actions nouvelles au prix unitaire de 33 dollars dans le cadre d'un placement privé, indique CNBC. Ce prix représentait une décote de près de 12 % par rapport au cours de clôture de mardi, qui s'élevait à 37,86 dollars. Dès l'officialisation de l'accord mercredi, le titre Bending Spoons est monté jusqu'à 58,56 dollars en séance avant de terminer la journée sur un bond de 41 % à 53,46 dollars. Malgré une baisse générale du secteur technologique vendredi qui a ramené le cours à 47,07 dollars, l'action Bending Spoons affiche un gain de 24,3 % sur les trois séances de cotation suivant l'annonce.

Ce niveau de cours se situe 42,6 % au-dessus du prix payé lors du placement privé de 33 dollars, procurant à Berkshire une plus-value théorique de près de 141 millions de dollars sur cette tranche. Le communiqué de presse a également révélé un premier engagement de Berkshire de 600 millions de dollars lors de l'introduction en bourse survenue plus de trois mois auparavant, montant qui n'avait pas été rendu public à l'époque.

En retenant le prix d'introduction de 29 dollars par action, CNBC calcule que cet achat initial correspondait à environ 20,7 millions d'actions, ce qui porterait l'ensemble du portefeuille de Berkshire à près de 30,7 millions de titres. Au cours de vendredi, cette participation globale représenterait plus de 1,4 milliard de dollars, soit une progression de 55,3 % par rapport à un investissement total cumulé de 930 millions de dollars. Alors que l'entreprise italienne a fait état d'une part de 4 % détenue par Berkshire, elle a précisé par courriel à CNBC qu'elle disposait de 635 millions d'actions moyennes pondérées diluées au deuxième trimestre, auxquelles se sont ajoutées 34 millions d'actions émises à l'IPO et 10 millions lors de l'opération récente, ce qui aboutit selon le calcul du média à une participation effective de 4,5 %.

Instruments cités

Sources

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