États-Unis : le déficit public s'est creusé de 12 % en 2026 pour atteindre 1 992 milliards de dollars
Le déficit public américain a progressé de 12 % pour atteindre 1 992 milliards de dollars sur l'exercice 2026, alourdi par les intérêts de la dette et les remboursements de taxes douanières.

L'essentiel
- Le déficit fédéral des États-Unis a augmenté de 12 % sur l'exercice clos fin septembre 2026 pour atteindre 1 992 milliards de dollars, selon les chiffres du département du Trésor rapportés par BFM Business.
- Les remboursements ordonnés après l'invalidation par la Cour suprême d'une partie des droits de douane de Donald Trump ont coûté 145 milliards de dollars à l'État, d'après BFM Business.
- Le service de la dette a grimpé de 12 % pour atteindre 1 360 milliards de dollars, alors que la dette publique totale a atteint 41 172 milliards de dollars au 30 septembre 2026, selon BFM Business.
- Les dépenses de défense (+6 %) et les programmes sociaux Medicaid et Medicare (+8 % chacun) ont également tiré les charges à la hausse, d'après BFM Business.
Une dégradation marquée des comptes publics fédéraux
Le déficit budgétaire de l'État fédéral américain s'est fortement détérioré au terme de l'exercice fiscal clos en septembre 2026. D'après les informations communiquées par le département du Trésor et rapportées par BFM Business, le déficit public de la première économie planétaire a progressé de 12 % par rapport à l'exercice antérieur. Il a atteint 1 992 milliards de dollars entre le mois d'octobre 2025 et le mois de septembre 2026, ce qui représente une aggravation de près de 220 milliards de dollars par rapport à 2025. De son côté, Investing.com fait état d'un montant de 1 990 milliards de dollars pour cette même année fiscale 2026.
Selon BFM Business, ce déséquilibre financier correspondrait à environ 6,2 % du produit intérieur brut des États-Unis pour 2026, contre un ratio de 5,9 % constaté en 2025. Cette estimation demeure néanmoins provisoire dans la mesure où les données officielles relatives au produit intérieur brut sur l'ensemble de la période concernée n'ont pas encore été rendues publiques. La dynamique globale du budget fédéral montre un décalage marqué : les dépenses de l'administration américaine ont progressé de 386 milliards de dollars au total, progressant ainsi à un rythme deux fois supérieur à celui des recettes, qui n'ont augmenté que de 169 milliards de dollars.
L'impact budgétaire de la décision sur les surtaxes douanières
L'alourdissement du déficit public s'explique en partie par une charge budgétaire imprévue liée aux contentieux sur le commerce extérieur. D'après les éléments détaillés par BFM Business, l'État fédéral a dû assumer 145 milliards de dollars supplémentaires sous la forme de remboursements de surtaxes douanières au cours de l'exercice écoulé.
Cette situation découle d'un arbitrage rendu par la Cour suprême en tout début d'année, qui a invalidé la majeure partie des droits de douane récemment instaurés par Donald Trump. Ces taxes douanières avaient pourtant généré 202 milliards de dollars de recettes au cours de l'année précédente. Pour tenter de rééquilibrer la situation financière, le président américain a mis en œuvre de nouvelles barrières douanières ciblant les échanges avec les principaux partenaires commerciaux du pays. Ces nouveaux prélèvements n'ont toutefois permis de combler qu'une partie des versements rétroactifs exécutés par le gouvernement américain.
L'envolée du service de la dette et la tension sur les taux
L'autre moteur majeur du creusement du déficit réside dans la flambée du coût de financement de la puissance publique. Selon BFM Business, les intérêts versés au titre de la dette publique des États-Unis ont gonflé de 144 milliards de dollars sur les douze derniers mois, enregistrant une progression de 12 % pour totaliser 1 360 milliards de dollars. En parallèle, l'endettement global de l'État fédéral a franchi un cap inédit au cours de l'exercice, dépassant le seuil des 40 000 milliards de dollars pour s'établir à 41 172 milliards de dollars au 30 septembre 2026.
Ce renchérissement des emprunts d'État s'inscrit dans un environnement de marché particulièrement tendu. D'après BFM Business, le coût des bons du Trésor a été propulsé à la hausse par une combinaison de facteurs : l'accroissement continu de l'encours de la dette, les incertitudes géopolitiques alimentées par le conflit au Moyen-Orient, les relèvements de taux décidés par la Réserve fédérale dans sa lutte contre l'inflation, ainsi que la concurrence exercée sur les marchés de capitaux par les levées de dette destinées à financer les centres de données dédiés à l'intelligence artificielle. Conséquence directe de ces tensions, le rendement du bon du Trésor à 10 ans, considéré comme l'étalon de référence, est passé de moins de 4 % en octobre 2025 à plus de 5,20 % à la fin du mois de septembre 2026.
Hausse des dépenses sociales, de défense et dynamique des recettes fiscales
En dehors des intérêts de la dette et des ajustements douaniers, les missions traditionnelles de l'État ont également pesé lourdement sur les comptes publics. D'après BFM Business, les dépenses allouées au secteur de la défense ont crû de 48 milliards de dollars, soit une hausse de 6 %, un phénomène principalement attribué aux répercussions du conflit en cours au Moyen-Orient.
Sur le versant sanitaire et social, les dispositifs publics Medicaid et Medicare, qui financent l'assistance médicale et la couverture des retraités ainsi que des ménages vulnérables, ont chacun enregistré une progression de 8 %. Cette évolution a entraîné une rallonge globale de 120 milliards de dollars de dépenses pour le département de la Santé, autorité de tutelle de ces programmes.
Face à ce gonflement généralisé des charges, les recettes fédérales ont bénéficié de la vigueur générale de l'activité économique nationale. Selon BFM Business, le produit de l'impôt s'est nettement accru, tout particulièrement grâce aux contributions des particuliers qui ont apporté plus de 270 milliards de dollars de suppléments dans les caisses publiques. Ce surcroît fiscal n'a toutefois permis d'absorber qu'une fraction de l'envolée des dépenses étatiques.
Sources
Documents consultés pour rédiger cet article. Les liens ouvrent le site de l'éditeur.
- 1.
- 2.Investing.comLe déficit budgétaire américain atteint 1.990 milliards $ en 2026(nouvel onglet)
fr.investing.com