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Matières premières

Carburant russe pour les États-Unis : Moscou évoque des livraisons sous 15 à 20 jours après la signature des contrats

Selon BFM Business, Moscou estime qu'il faudra entre 15 et 20 jours pour acheminer du gazole russe vers les États-Unis après la signature des contrats.

3 min de lecture
Photo illustrant : Kremlin Moscou
Photo : Diego Delso · CC BY-SA 4.0. Source : Wikimedia Commons

L'essentiel

  • Moscou annonce un délai d'acheminement maritime de 15 à 20 jours pour son diesel une fois les contrats signés, selon un haut responsable russe cité par BFM Business.
  • Les contrats ne sont toujours pas formellement signés, bien que Kirill Dmitriev ait évoqué une signature « dans les tout prochains jours », d'après BFM Business.
  • L'accord initial porte sur 2,22 millions de barils au total face à une consommation quotidienne américaine de 3,9 millions de barils, selon BFM Business.
  • Les prix du gazole dépassent 6,50 dollars par gallon aux États-Unis, sur fond de craintes électorales pour Donald Trump avant le 3 novembre, rapporte BFM Business.

Un acheminement maritime estimé entre 15 et 20 jours

Le transport par bateau du gazole russe à destination des États-Unis demandera un délai compris entre 15 et 20 jours à compter de la formalisation des accords commerciaux, a rapporté BFM Business en citant les déclarations d'un haut responsable russe. Selon ce dernier, dès que la signature sera effective, les cargaisons de carburant pourront être acheminées vers les marchés, et tout particulièrement vers le marché américain, dans cette fenêtre temporelle de 15 à 20 jours.

Cette organisation logistique intervient après la communication effectuée la semaine dernière par le président des États-Unis, Donald Trump. Ce dernier a en effet rendu public un accord conclu avec les autorités de Moscou. L'initiative est perçue comme un moyen de chercher à réduire les prix payés pour le carburant par les consommateurs américains.

Les incertitudes entourant la signature définitive des contrats

Malgré l'annonce du calendrier de transport maritime, le calendrier juridique demeure incomplet. Selon les informations relayées par BFM Business, aucune date précise n'a encore été arrêtée pour la signature officielle des contrats commerciaux entre les parties prenantes.

Des signaux avaient pourtant été émis quelques jours plus tôt du côté du pouvoir russe. Kirill Dmitriev, qui conseille le Kremlin sur les dossiers de coopération économique internationale, avait pour sa part affirmé mercredi que les paraphes seraient apposés « dans les tout prochains jours ». Toutefois, l'absence d'échéance formelle laisse pour l'instant en suspens le déclenchement effectif du délai de 15 à 20 jours nécessaire aux navires pour rejoindre les ports américains.

Une flambée des cours liée aux tensions géopolitiques

La mise en place de ces livraisons s'inscrit dans un contexte de vive tension sur le coût de la vie outre-Atlantique. Selon BFM Business, la flambée tarifaire constatée aux stations-service s'est accentuée à la suite de la guerre contre l'Iran déclenchée en février conjointement par les États-Unis et Israël.

À la pompe, les prix du diesel se sont installés de façon durable au-delà du seuil de 6,50 dollars par gallon, une unité équivalant à 3,8 litres. Cette hausse marquée pénalise lourdement l'activité économique. Aux États-Unis, le gazole représente en effet une ressource énergétique principalement exploitée par le secteur du transport routier ainsi que par l'agriculture. La hausse de cette charge se répercute par conséquent sur les prix finaux payés par les consommateurs, nourrissant le mécontentement de la population.

Des volumes limités face à la consommation américaine

L'impact réel de cette mesure sur les tarifs du carburant suscite toutefois de vives réserves parmi les observateurs du marché. D'après BFM Business, de nombreux experts expriment de sérieux doutes quant à la capacité de cette entente négociée avec Moscou à modifier en profondeur la facture énergétique supportée par les usagers américains.

L'écart entre les volumes prévus et la demande intérieure américaine demeure particulièrement large. D'après les chiffres rapportés par la chaîne d'information, les États-Unis consomment environ 3,9 millions de barils de diesel chaque jour. Or, l'accord initial conclu avec Moscou ne porte au total que sur un contingent de 2,22 millions de barils. Ce volume global ne couvre ainsi qu'à peine plus d'une demi-journée de la consommation quotidienne américaine, ce qui relativise grandement la portée économique du flux attendu.

L'enjeu des élections de mi-mandat pour Donald Trump

Au-delà des aspects purement matériels et d'approvisionnement, cette démarche s'inscrit au cœur d'un calendrier électoral immédiat. D'après BFM Business, l'exaspération des ménages américains face à l'envolée des prix à la pompe menace directement les perspectives politiques du camp présidentiel.

Le parti républicain de Donald Trump redoute en effet de subir une importante défaite électorale lors des élections législatives de mi-mandat prévues pour le 3 novembre. L'accord annoncé avec Moscou apparaît dès lors comme une tentative d'urgence pour freiner les prix des carburants et chercher à rassurer l'électorat avant le scrutin.

Sources

Documents consultés pour rédiger cet article. Les liens ouvrent le site de l'éditeur.

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