Aller au contenu
TimeLinq
Économie

Chine : le boom de la haute technologie amortit la crise prolongée de l'immobilier

Portée par les composants d'intelligence artificielle et la haute technologie, l'activité chinoise a progressé au troisième trimestre, contrastant avec un investissement immobilier en repli de plus de 20 %, selon les données officielles.

3 min de lecture
Photo illustrant : National Bureau of Statistics Beijing
Photo : N509FZ · CC BY-SA 4.0. Source : Wikimedia Commons

L'essentiel

  • Selon les chiffres officiels rapportés par la BBC, les ventes de produits de haute technologie ont progressé de 14,3 % et la production de batteries a bondi de plus de 29 %.
  • D'après les statistiques officielles de Pékin, les investissements dans l'immobilier ont chuté de plus de 20 % sur les neuf premiers mois de l'année.
  • La deuxième économie mondiale a vu son PIB progresser de 4,5 % au troisième trimestre, au plancher de la cible officielle fixée entre 4,5 % et 5 %.
  • Dave Chia de Moody's Analytics a alerté sur la vulnérabilité de la Chine liée à sa dépendance envers un moteur externe unique d'exportations.

Un secteur technologique porté par la demande mondiale d'IA

La filière technologique s'est imposée comme un pilier fondamental de la trajectoire chinoise au cours des derniers trimestres, selon les informations rapportées par la BBC. L'appétit international pour les processeurs informatiques ainsi que pour les divers composants indispensables à l'édification de centres de données consacrés à l'intelligence artificielle a offert un soulagement aux autorités de Pékin, tout en amortissant la faiblesse de la consommation des ménages locaux.

D'après les statistiques officielles chinoises, les expéditions de biens de haute technologie ont enregistré une progression de 14,3 %. Dans le même intervalle, la fabrication de batteries pour véhicules et celle de robots industriels ont chacune connu une expansion supérieure à 29 %. Cette vitalité des ventes tournées vers les marchés étrangers place l'excédent commercial du pays sur une trajectoire susceptible d'effacer le record de 1,2 billion de dollars constaté l'an passé.

Selon Sheana Yue, chercheuse rattachée à Oxford Economics, les industries manufacturières et les exportations technologiques de pointe ont alimenté la progression de l'activité, en dépit d'un niveau d'investissement et d'achats intérieurs particulièrement atone.

L'immobilier et la consommation intérieure toujours en crise

Ce tableau favorable sur le plan des technologies avancées masque une situation très dégradée sur le front domestique. D'après les indicateurs officiels, les investissements orientés vers le secteur immobilier ont diminué de plus de 20 % au cours des neuf premiers mois de l'année par rapport au même intervalle de l'année précédente. L'appareil économique peine à se défaire d'un marasme immobilier persistant, alimenté par plusieurs années d'excès de constructions et d'endettement démesuré chez les promoteurs privés. Sheana Yue souligne qu'aucun indice ne laisse présager un dénouement rapide de cette crise.

Face à la léthargie interne, les entreprises se sont reportées sur les marchés d'exportation. La crise durable de l'immobilier, la lente progression des rémunérations et le niveau élevé du chômage des jeunes ont lourdement pesé sur les dépenses des particuliers à l'échelle nationale. D'après la chercheuse d'Oxford Economics, les incertitudes commerciales et les tensions géopolitiques incitent également les consommateurs à davantage de pessimisme et à la rétention de leurs dépenses. En réaction, le gouvernement de Pékin a instauré en septembre un ensemble de mesures d'aide, comprenant notamment des diminutions de taux d'intérêt pour certaines entreprises ainsi que des subventions destinées aux acquéreurs de logements.

Une croissance globale de 4,5 % au bas des objectifs officiels

Ces tendances contradictoires se traduisent par une expansion de 4,5 % du produit intérieur brut chinois au troisième trimestre clos fin septembre, selon les chiffres officiels. Cette performance de la deuxième économie mondiale marque un rebond par rapport à un creux de trois ans observé au trimestre précédent, tout en demeurant inférieure au rythme de 5 % enregistré entre janvier et mars.

Ce résultat trimestriel de 4,5 % s'établit dans la fourchette basse de l'objectif officiel de croissance annuelle fixé par Pékin, compris entre 4,5 % et 5 %. Le Bureau national des statistiques de Chine a déclaré lundi que l'économie avait maintenu un développement stable face aux pressions, mettant en avant une dynamique animée par de nouveaux moteurs et une structure productive en voie d'amélioration.

Tensions commerciales et interrogations sur les investissements d'IA

Cette dépendance accrue aux ventes extérieures suscite toutefois de fortes réserves. Dave Chia, économiste chez Moody's Analytics, a fait remarquer que les répercussions des mesures de soutien ciblées de Pékin demeurent encore à observer. Selon cet économiste, les chiffres traduisent de multiples vulnérabilités, au premier rang desquelles figure l'appui exclusif sur un moteur externe unique représenté par les exportations.

Par ailleurs, l'arrivée sur le marché mondial de volumes massifs de produits chinois abordables déclenche de vives réactions dans les économies occidentales, notamment aux États-Unis et au sein de l'Union européenne, dont les producteurs locaux éprouvent des difficultés à soutenir la concurrence. Enfin, selon la BBC, des inquiétudes émergent à propos des milliards de dollars engagés dans les infrastructures d'intelligence artificielle, plusieurs observateurs doutant de la capacité des entreprises qui réalisent ces dépenses colossales à concrétiser leurs promesses de rentabilité massive.

Sources

Documents consultés pour rédiger cet article. Les liens ouvrent le site de l'éditeur.

  1. 1.

À lire aussi