Commerces touchés par les violences : les professionnels demandent des mesures d'urgence à Bercy
Au moins 2 000 commerces ont été touchés par des violences ce week-end en France. Les professionnels demandent des aides rapides lors d'une réunion à Bercy.

L'essentiel
- Selon Alain Di Crescenzo, président de CCI France, au moins 2 000 commerces ont été touchés par les violences du week-end en France.
- D'après BFM Business, le ministre du Commerce Serge Papin réunit lundi matin à Bercy les fédérations du secteur, les banques et les assurances.
- Judith Jiguet, déléguée générale de la FCD, réclame une accélération des indemnisations d'assurance, le chômage partiel et une réflexion sur un moratoire de charges.
- Le PDG de Carrefour Alexandre Bompard a demandé sur LinkedIn une procédure d'indemnisation comparable à celle des catastrophes naturelles.
Un lourd bilan matériel après les violences du week-end
Les dégradations commises au cours de la fin de semaine ont provoqué de lourdes répercussions matérielles sur l'activité marchande. Selon Alain Di Crescenzo, qui préside le réseau des chambres de commerce et d'industrie (CCI France) et s'exprimait lundi matin sur l'antenne de RTL, au minimum 2 000 points de vente ont été touchés sur le territoire national. Les destructions recensées durant les journées de samedi et dimanche résultent d'actes de casse et d'opérations de pillage visant directement les magasins.
D'après les éléments recueillis par BFM Business, les professionnels se sont mobilisés face aux événements. Judith Jiguet, qui représente la Fédération du Commerce et de la Distribution en qualité de déléguée générale, a indiqué que les commerçants ont tenté de protéger leurs locaux avant de se mettre à pied d'œuvre pour déblayer et nettoyer les commerces saccagés.
Une concertation d'urgence convoquée au ministère de l'Économie
Face à la sévérité des atteintes subies par les entreprises, une réunion a été programmée par les pouvoirs publics. D'après BFM Business, le ministre du Commerce, Serge Papin, rassemble lundi matin à Bercy les fédérations professionnelles de commerçants et de distributeurs, aux côtés des représentants de l'hôtellerie et de la restauration. Les établissements bancaires ainsi que les compagnies d'assurances participent également à cette table ronde.
Cette rencontre a pour objectif d'examiner les conséquences des violences survenues pendant le week-end et d'arrêter les mesures de soutien à mettre en place. Les discussions portent notamment sur l'accompagnement des établissements touchés afin de faire face aux dégradations et aux pertes subies.
Des demandes ciblées sur les assurances et la fiscalité
Afin de préserver la trésorerie des exploitants, les représentants du commerce réclament une intervention rapide. Interrogée par BFM Business, la déléguée générale de la FCD a appelé à un élan de solidarité nationale envers un secteur essentiel mais rendu vulnérable. Elle demande en premier lieu un traitement accéléré des dossiers de prise en charge par les sociétés d'assurance.
Judith Jiguet a également mis en avant l'urgence d'activer les démarches pour gérer le recours au chômage partiel. Rappelant que le secteur supporte une fiscalité très lourde et s'affiche comme le plus imposé, la responsable patronale a par ailleurs estimé opportun d'engager une réflexion sur l'instauration d'un moratoire ou d'un report de charges pour les commerces sinistrés.
L'appel d'Alexandre Bompard face au risque de faillites
L'inquiétude exprimée par la fédération sectorielle trouve un écho chez les grands acteurs de la distribution. Dans un message diffusé sur le réseau professionnel LinkedIn, le président-directeur général de Carrefour, Alexandre Bompard, a plaidé pour un raccourcissement des délais de remboursement semblable aux dispositions prises lors des catastrophes naturelles, affirmant que la protection des commerçants constitue un devoir républicain.
Selon les constats rapportés par BFM Business, des faillites en cascade apparaissent sans aucun doute à craindre dans le secteur. La violence des événements frappe des structures dont la situation financière s'avérait parfois déjà précaire avant les destructions, notamment en raison d'emprunts souscrits par les exploitants.
Un chiffrage définitif des dégâts attendu sous peu
Pour l'heure, aucun bilan chiffré global du coût des préjudices n'a pu être arrêté. Judith Jiguet a déclaré auprès de BFM Business qu'il demeure impossible à cette date d'établir une évaluation globale, compte tenu de l'ampleur des destructions constatées sur le terrain.
La responsable de la FCD a néanmoins indiqué que des estimations chiffrées plus précises pourront être établies et communiquées au cours des prochains jours, à mesure que l'état des lieux progressera dans les commerces touchés.
Sources
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