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Économie

Finances publiques : la Cour des comptes alerte sur le risque d'un étouffement financier lié à la dette

Amélie de Montchalin alerte sur le risque d'un étouffement financier face à une charge de la dette attendue à 90 milliards d'euros l'an prochain, alors que le budget 2027 est examiné.

3 min de lecture
Photo illustrant : Cour des comptes Paris
Photo : Chatsam · CC BY-SA 4.0. Source : Wikimedia Commons

L'essentiel

  • La présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, met en garde contre un risque d'étouffement financier lié à la dette, selon BFM Business.
  • La charge de la dette de la France devrait atteindre 90 milliards d'euros dès l'année prochaine, d'après les déclarations relayées par BFM Business.
  • Une hausse de taux de 100 points de base induirait un surcoût de 40 milliards d'euros par an d'ici sept ans, selon Amélie de Montchalin.
  • Le projet de budget 2027 vise à réduire le déficit à 5 % du PIB après 5,4 % en 2026, mais plus de 2 800 amendements restent en discussion à l'Assemblée nationale.

Une mise en garde contre l'étouffement financier

La France fait face à une menace sérieuse sur ses équilibres budgétaires si la trajectoire de son endettement n'est pas redressée, d'après les déclarations de la présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, recueillies par La Tribune Dimanche et rapportées par BFM Business. L'ancienne ministre des Comptes publics, qui a quitté le ministère de Bercy au début de l'année, met en garde contre la perspective d'un « risque d'étouffement financier » dans l'hypothèse où le pays ne parviendrait pas à contrôler ses finances publiques.

Selon les éléments relayés par BFM Business, la charge pesant sur l'État pour honorer les intérêts de sa dette est appelée à franchir un palier important, pour atteindre dès l'année prochaine un niveau de 90 milliards d'euros. Cette dégradation progressive réduit les capacités d'action des pouvoirs publics et expose directement le budget national aux aléas des marchés financiers.

L'impact mécanique de la remontée des taux d'intérêt

Dans son analyse de la vulnérabilité française, Amélie de Montchalin insiste sur les répercussions directes d'un resserrement monétaire sur les comptes nationaux. D'après ses calculs cités par BFM Business, une progression de 100 points de base des taux d'intérêt, équivalant à un point de pourcentage supplémentaire, se traduirait par un surcoût annuel de 40 milliards d'euros pour le pays à un horizon de sept ans.

Pour illustrer l'ampleur de cette dépense supplémentaire, la responsable souligne qu'un tel montant représenterait à lui seul trois fois le budget annuel alloué au ministère de la Justice. Cette sensibilité accrue à l'évolution des conditions de financement accroît l'urgence de stabiliser l'endettement public afin de préserver la souveraineté nationale ainsi que les marges de manœuvre budgétaires du gouvernement.

L'objectif d'un déficit ramené à 5 % d'ici 2027

Face à ces contraintes, la présidente de la Cour des comptes juge indispensable de ramener le déficit public en dessous de la barre des 5 % du produit intérieur brut d'ici l'année 2027. Cette étape apparaît cruciale pour éviter de compromettre durablement la gestion économique du pays.

Cette recommandation fait écho aux orientations affichées dans le projet de budget de la France pour 2027, actuellement soumis à la représentation nationale. Le texte gouvernemental prévoit précisément de ramener le déficit public à 5 % du PIB, après avoir atteint 5,4 % au cours de l'exercice 2026. Néanmoins, la concrétisation de cet objectif financier dépend étroitement du parcours législatif du projet de loi de finances.

Des débats parlementaires ralentis par les amendements

L'examen du budget 2027 a débuté mardi à l'Assemblée nationale dans une atmosphère lourde sur le plan économique et politique, selon les informations de BFM Business. Le sort du texte demeure particulièrement incertain, l'exécutif ne disposant pas d'une majorité assurée et les discussions s'inscrivant dans la perspective de l'élection présidentielle à venir.

Le calendrier de discussion se heurte par ailleurs à une forte contestation parlementaire. À l'issue des séances tenues vendredi, plus de 2 800 amendements demeuraient inscrits pour examen sur la première section du projet budgétaire, consacrée aux recettes de l'État. Alors qu'un vote formel sur cette partie recettes est initialement fixé à mardi, l'accumulation de ces interventions ralentit la progression des échanges au sein de l'hémicycle.

Un calendrier contraint et des ajustements fiscaux ciblés

Dans le cas où les parlementaires ne parviendraient pas à achever l'ensemble de l'examen de cette première partie, la procédure prévoit la possibilité d'interrompre les débats pour les reprendre ultérieurement. BFM Business précise toutefois que cette reprise parlementaire ne pourra pas s'étendre au-delà du 17 novembre, date à laquelle le texte budgétaire doit en principe être transmis au Sénat.

Parallèlement à ces contraintes de temps, les députés ont commencé à modifier les dispositions fiscales du texte. Vendredi soir, ils ont ainsi approuvé de justesse une mesure destinée à empêcher certains entrepreneurs fortunés de contourner définitivement la fiscalité applicable aux plus-values issues de la cession de leur entreprise. Cette décision fait suite à un remaniement du schéma initialement proposé par le gouvernement, les élus ayant souhaité intégrer des garanties pour préserver les transmissions d'entreprises familiales.

Sources

Documents consultés pour rédiger cet article. Les liens ouvrent le site de l'éditeur.

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