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Sébastien Lecornu annonce un chômage partiel à 100 % pour les commerces touchés par les violences

Après un week-end de violences ayant dégradé au moins 3 000 commerces, Sébastien Lecornu annonce une indemnisation du chômage partiel à 100 % dès ce mardi, un fonds d'aide dédié et des reports de charges.

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Photo illustrant : Sebastien Lecornu
Photo : Thomas Padilla / European Union, 2025 / EC - Audiovisual Service · CC BY 4.0. Source : Wikimedia Commons

L'essentiel

  • Sébastien Lecornu a annoncé un chômage partiel pris en charge à 100 % dès mardi pour les salariés des commerces touchés, selon BFM Business.
  • Au moins 3 000 commerces ont été touchés par les violences du week-end selon le ministre du Commerce Serge Papin, contre 2 000 initialement recensés par les CCI.
  • Le gouvernement déploie un fonds de soutien d'urgence, des reports fiscaux et sociaux, et négocie des acomptes rapides avec les assureurs, d'après BFM Business.
  • La facture totale devrait atteindre des centaines de millions d'euros selon Alain Di Crescenzo, président du réseau des CCI.

Un dispositif d'activité partielle renforcé dès mardi

À la suite de violences survenues durant le week-end, le gouvernement engage un train de mesures d'urgence en direction des professionnels touchés. À l'issue d'une réunion de la cellule interministérielle de crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué que les pouvoirs publics n'avaient « rien à cacher » quant aux dégradations constatées sur le territoire national, selon BFM Business.

Afin de soutenir l'activité et de préserver les emplois, le chef du gouvernement a annoncé l'instauration immédiate d'un chômage partiel intégral pris par voie d'instruction ministérielle. Sébastien Lecornu a précisé que la compensation ne serait pas fixée à 70 %, mais directement portée à 100 %, avec une entrée en vigueur promise dès ce mardi.

D'après les explications de BFM Business, ce niveau d'indemnisation dépasse le cadre habituel du chômage partiel. Le dispositif traditionnel garantit habituellement 60 % de la rémunération brute, ce qui représente approximativement 72 % du salaire net. Le média économique observe cependant que le périmètre exact de cette couverture à 100 % — s'il s'agit du net ou d'une autre référence — ainsi que les conditions de financement par l'État doivent encore faire l'objet de précisions.

Un bilan matériel provisoire réévalué à la hausse

L'ampleur des dégâts subis par le tissu commercial s'avère particulièrement lourde. D'après le ministre du Commerce, Serge Papin, les dégradations et pillages ont concerné au moins 3 000 commerces à travers le pays. Cette estimation gouvernementale dépasse le premier décompte fourni par les Chambres de commerce et d'industrie, qui avaient fait état d'environ 2 000 établissements endommagés.

Sur le front sécuritaire, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a assuré que les dispositions ordonnées par le président de la République afin de contrer les pilleurs et les fauteurs de troubles seraient effectives dès ce lundi soir.

Déblocage d'un fonds d'aide et dialogue avec les assureurs

Pour répondre aux difficultés immédiates de trésorerie, un fonds d'accompagnement spécifique est mis en place à l'intention des victimes, a fait savoir l'exécutif. En parallèle, les commerçants sinistrés bénéficieront d'un report de leurs charges sociales et de leurs échéances fiscales, complété par un soutien financier dédié pour accélérer le redémarrage économique.

Le gouvernement a également ouvert des échanges avec le secteur de l'assurance. Ces pourparlers visent à accélérer le déroulement des expertises sur le terrain, à limiter les formalités administratives superflues et à permettre le versement rapide d'acomptes aux professionnels dont les boutiques ont été ravagées.

Une facture globale estimée en centaines de millions d'euros

Le coût financier des destructions s'annonce considérable pour le secteur marchand. Intervenant sur les ondes de RTL, le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie, Alain Di Crescenzo, a estimé que le préjudice global atteindrait des centaines de millions d'euros pour l'ensemble des professionnels victimes de pillages.

Cette situation fait écho aux violences urbaines de juin et juillet 2023. Selon les données de la fédération France Assureurs rapportées par BFM Business, ces troubles antérieurs s'étaient traduits par une charge de 793 millions d'euros pour les compagnies d'assurance, portant sur environ 17 000 déclarations de sinistres. Les dégradations subies par les entreprises et les locaux professionnels composaient alors 66 % de l'indemnisation globale, tandis que les bâtiments des collectivités locales représentaient 25 % des montants et les véhicules 7 %. Ce bilan financier des assureurs n'englobait toutefois pas l'intégralité des pertes d'exploitation subies par l'économie.

Sources

Documents consultés pour rédiger cet article. Les liens ouvrent le site de l'éditeur.

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